
Partie 4: Dernier espoir



« Donc, ils sont en perdition dans
le canyon rouge ? répéta Édric.
- Le convoi de retour de Newton a dû éviter une météorite…
Ils n’ont pas pu éviter la crevasse. confirma l’amiral
Lenn. Le train est sur le point de glisser…

- Le seul moyen de les sauver
c’est le Bêta One ! coupa Nejma. Ce chasseur est assez rapide
pour être sur les lieux en dix minutes, et assez puissant pour
remorquer le train. Il suffit d’y accrocher un câble pour
assurer l’appareil en équilibre ! J’y vais ! Organisez
donc leur récupération après ! »
L’iceberg, qui ne l’avait pas
remarquée avant qu’elle prenne la parole, sursauta en la
voyant quitter la pièce en courant.

« J’y vais avec elle ! »
Il la rattrapa dans le hangar et se glissa dans son appareil au
moment où elle refermait le cockpit.
« Eh ! protesta-t-elle.
- Nejma, tu n’y arriveras jamais seule !
- Comment pouvez-vous oser…
- Je ne mets pas en doute tes qualités, mais réfléchis un peu ! Ce
sera beaucoup plus facile si je maintiens le chasseur exactement au
dessus de la navette !
- Commandant Daven, vous êtes impossible !
- Mais c’est ce qui fait mon charme, feu follet ! Et à
propos, il me semblait t’avoir demandé de m’appeler
autrement ! Tu as déjà oublié ? »
Tout en parlant, il s’était mis aux
commandes et avait fait décoller le Bêta One.
La jeune femme garda le silence, puis commença à
enfiler le harnais de sécurité, qui lui permettrait de descendre
arrimer le train, puis de le remonter lorsqu’il serait vide.
Elle vérifia les six câbles d’acier renforcé qui serviraient
au remorquage de l’appareil.
« On y est… Nejma, si tu préfères, prends les commandes, et
je descendrai…
- Pas question ! Je descends ! »

Elle fixa son masque respiratoire et se laissa glisser dans le
vide. Raphaël retint son souffle en la regardant s’approcher
du mastodonte de métal, en équilibre au dessus de la crevasse. Elle
terminait de fixer le dernier crochet lorsque les navettes de
secours, plus lentes arrivèrent sur les lieux. Nejma détacha son
harnais de sécurité et pénétra à l’intérieur du convoi
accidenté pour rassurer les membres d’équipage et les
prévenir du remorquage.
« Allez-y, iceberg ! »

Raphaël sourit et fit remonter le Bêta One,
transportant le train jusqu’à la terre ferme. Lorsqu’il
descendit de l’appareil, Edric l'informa que Nejma était déjà
repartie pour la base, avec Myn et l’équipe médicale.

« Ça ne se passera pas ainsi ! »

Mal à l’aise, Nejma pénétra dans l’ascenseur qui la
ramenait à l’étage de son studio. Elle avait réussi à fuir le
commandant Daven pendant deux jours en se réfugiant à la base
voisine de Kepler, mais Myn et Édric l’avaient prévenue
qu’il ne lâchait pas prise. Elle soupira. Ce serait une
erreur trop grande pour elle comme pour lui… Elle venait de
mettre au point les derniers détails de sa mission américaine et
songea qu’elle allait passer sa dernière nuit sur
Moonlight.
Elle sortit sa clé, mais sa porte s’ouvrit
avant qu’elle ait pu la toucher. Raphaël la toisait,
l’air furibond.
« Nejma ! Où étais-tu donc passée ? s’exclama-t-il.
Ça fait deux jours que je te cherche !
- Même si ça ne vous regarde pas, je vais vous donner mon emploi du
temps. D’abord j’ai travaillé dans la salle de
décryptage de Kepler, puis ce soir j’avais un rendez-vous
avec l’amiral Lenn.
- Tu avais un rendez-vous ce soir avec ce vieux débris de Lenn ?
s’étrangla-t-il. Il pourrait être ton grand-père !
Qu’est-ce que tu lui trouves ?